« Chaque mot est caillou, poussière et lumière lorsque l’être qui l’a écrit ne sait où il va sauf à rejoindre l’ultime de soi qui le vit naître et mourir, mourir et renaître. Comme est doux et soyeux le silence des âmes qui ne cherchent plus ». 
 

 

La poésie est une fenêtre ouverte sur les grands espaces de l’âme et  s’apparente étroitement au talent prophétique ou de voyance. En avançant ce propos, je ne fais que rejoindre la perception intime de certains de nos grands poètes :

Achim Von Arnim (Poète allemand 1781-1831)  par exemple qui nous confie : 

« Le poète est celui qui a accès à un autre monde »,

 

en passant par Gérard de Nerval :

« Seul le poète peut franchir le seuil qui sépare la vie réelle d’une autre vie »,

 

sans oublier Victor Hugo dans la lignée des poètes prophètes, Baudelaire, Mallarmé et surtout Rimbaud, ce dernier allant jusqu’à clamer:

« Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant ! »

 

Alors, si le poète se fait voyant, un voyant peut bien s’avouer poète et ouvrir , en verticalité, avec Ronsard cet « espace poétique » lui qui écrivit :

 

(…)Tu seras du vulgaire appelé frénétique,
Insensé, furieux, farouche, fantastique
Maussade, mal plaisant, car le peuple médit
De celui qui de mœurs aux siennes contredit.
Mais courage, Ronsard, les plus doctes poètes,
Les Sibylles, Devins, Augures et Prophètes,
Hués, sifflés, moqués des peuples ont été :
Et toutefois, Ronsard, ils disaient vérité.

Hymne de l’Automne (1555) Extraits

 

 

Brèves de vie, …